INTRODUCTION
Deux jeunes champions, Thierry KASUKANGOLO AKOMA et JEAN MALENGELA Bamasud ont effectué cette mission d’investigation à Luvungi dans la chefferie des Bafuliru, groupement d’Itara, après avoir reçu l’alerte faisant état de l’abattage d’un hippopotame dans le village de zone.
Cette zone est localisée dans la partie septentrionale du lac Tanganyika qui constitue l’une des niches écologiques de l’hippopotamus amphibius, le mammifère aquatique en perpétuel conflit avec l’espèce humaine.
Luvungi est située dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu. Ce groupement ci-haut susmentionné, est traversé par la rivière Ruvubu qui déverse ses eaux dans la Ruzizi, et la Munyovwe, affluant de Ruvubu.
Un certain samedi, le 09 Janvier 2021 un hippopotame fut lâchement abattu à Luvungi par voie de corréité entre des hommes armés et la population riveraine. La nouvelle de cette malheureuse incidence qui a endeuillé la famille des écologistes avait fait le tour de la région. cet ainsi que nous avons descendu sur terrain pour la véracité de fait.
Se basant aux résultats de nos recherches, les premiers indices renseignent que la majorité de personnes interviewées (environ 70%) au bord de la rivière Ruzizi, confirme la thèse selon laquelle cet hippopotame avait été abattu après avoir été longtemps poursuivi par les militaires des FARDC et 30% se sont simplement abstenus à répondre.

CAUSE DE L’EXECUTION DE CE MAMIFERE

La cohabitation entre l’homme et ce pachyderme est très difficile. Il a été observé depuis le mois de novembre 2020 jusqu’ici, la perte d’au moins quatre personnes tuées par ces animaux aquatiques et plusieurs autres cas de menace et blessures sur de populations riveraines.
A côté de la perte des vies humaines, il y a des causes qui sont historiquement lointaines.
L’envahissement de l’habitat qui se traduit par la croissance démographique, constitue la principale source de ces menaces. La population de Luvungi et ses environs ne cesse de croître impliquant ainsi les nouveaux besoins en terre pour la construction des maisons d’habitation. Ceci fait à ce que les la population s’attaque à l’habitat des hippo, occasionna ainsi la divagation des hippopotames à la recherche, non seulement de nouvel habitat mais aussi de la nourriture. Du coup, les champs sont menacés et détruits par ces animaux et ces derniers, par vengeance, sont à leur tour tués par la population riveraine en complicité avec les FARDC.
A ceci, s’ajoute l’intensification du développement des activités agricoles sur le littoral des rivières Ruzizi et Luvubu renforceraient les manœuvres de son extinction alors que leur rôle dans l’alimentation des poissons par ses excréments est important. Considérant ce qui précède, il y a lieu de comprendre les liens entre l’envahissement de l’habitat des hippopotames et les menaces dont ils sont victimes.
Cela explique même pourquoi ces pachydermes sont devenus divagateurs comme l’a expliqué un paysan quinquagénaire menacé et blessé par l’hippo alors qu’il coupait les roseaux le long de la rivière Ruzizi.
Luvungi est une zone qui connait plusieurs problèmes lesquels auraient une incidence néfaste sur l’environnement. Des forêts secondaires sont de manière incontrôlée déboisées pour la fabrication des briques, le charbon de bois, la pratique de l’agriculture sur brulis, l’élevage extensif où les bêtes exposés à la divagation,….
Le feu de brousse est une pratique couramment utilisée par la population. Ses inconvénients sur la texture du sol et sa contribution à la perturbation climatique souvent ignorés par celle-ci. D’où la nécessité de vulgarisation des lois qui prônent la protection et conservation de l’environnement et de la biodiversité.

DIFFICULTES RENCONTREES

Les conditions sécuritaires non rassurantes dans certaines zones n’avaient pas permis à l’équipe de recherche d’y accéder facilement. Une population hostile à toute personne venant pour une mission ayant trait à l’hippopotame abattu.
L’équipe de recherche n’a pas suffisamment passé du temps sur terrain et recueillir données à cause de l’exiguïté de moyens financiers mise à sa disposition.
Qu’à cela ne tienne, nous avons fait de notre mieux afin de contourner certaines d’entre elles pour faciliter l’aboutissement heureux de notre travail de terrain lequel était sanctionnée par la récolte des données sur base d’un guide d’interview.

RECOMMANDATIONS

Procéder à la délimitation participative entre les zones de concentration des hippopotames et les champs des riverains au regard des menaces persistantes identifiées afin d’assurer à la fois un développement harmonieux des activités économiques des riverains et la conservation et protection de l’environnement et de la biodiversité.
Des missions de sensibilisations devront être multipliées à Luvungi dans le but de vulgariser les textes légaux en rapport avec la protection de la biodiversité en l’occurrence les hippopotames.
La nécessité pour les autorités tant militaires qu’administratives ainsi que les communautés riveraines à s’impliquer dans une perspective de trouver des réponses durables qui arrangent tout le monde.
Engager les processus judiciaires en cas nécessité.

CONCLUSION

Après notre mission réalisée en date du 13 janvier 2021 pour investiguer sur l’abattage d’un hippopotame tel que susmentionné dans ce rapport, la responsabilité est partagée aux administratifs, militaires ainsi que la population de la zone. Il est vrai que ce pachyderme cause désolation dans le camp de communautés par tueries et prédation de cultures, cependant, ceci ne devrait pas se conclure par des actes de représailles contre les hippopotames en quête de nourritures et nouvel habitat, sans faire appel à l’autorité compétente dont ses attributions lui sont confiées. La question de cohabitation devra être bien scrutée par toutes les parties prenantes et des mesures appropriées arrêtées notamment la sensibilisation sur les textes légaux en lien avec la conservation de la nature pour vivre en harmonie avec la nature.

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